samedi 8 octobre 2016

La chimie organique étudie les composés du carbone

Pour des raisons historiques, les substances qui contiennent du carbone s’appellent composés organiques, et la branche de la chimie qui les étudie se nomme chimie organique. Les composés organiques varient des molécules simples, telles que le méthane (CH4), aux molécules gigantesques, comme les protéines, qui possèdent chacune des milliers d’atomes. En plus des atomes de carbone, la plupart des composés organiques possèdent des atomes d’hydrogène.
Les principaux éléments de la vie (C, H, O, N, S et P) se retrouvent à peu près dans les mêmes pourcentages d’un être vivant à l’autre. Cependant, en raison de la polyvalence du carbone, cet ensemble limité d’éléments constitutifs est agencé de si nombreuses façons qu’il forme une variété inépuisable de molécules organiques. Les diverses espèces ainsi que les différents individus d’une même espèce se distinguent par les variations de leurs molécules organiques.
Depuis des millénaires, l’humain tire profit des êtres vivants qui peuvent lui fournir des substances précieuses. Pensons, par exemple, à la nourriture, aux médicaments et aux fibres textiles. La chimie organique tire son origine des tentatives de purification et d’amélioration de ces produits. Au début des années 1800, les chimistes ont appris à fabriquer en laboratoire de nombreux composés simples en combinant des éléments dans les bonnes conditions. La synthèse artificielle de molécules complexes, comme celles que l’on peut extraire de la matière vivante, semblait alors impossible. À cette époque, le chimiste suédois Jöns Jakob Berzelius fit une distinction importante. Il différencia les composés organiques, que seuls les êtres vivants pouvaient vraisemblablement fabriquer, et les composés inorganiques du monde inanimé. Le vitalisme, une doctrine soutenant que les phénomènes de la vie témoignent d’une force vitale et ne se réduisent pas aux lois physicochimiques, constitua le fondement sur lequel s’appuyait la nouvelle discipline de la chimie organique. Les chimistes commencèrent à discréditer le vitalisme lorsqu’ils apprirent enfin à synthétiser des composés organiques en laboratoire. En 1828, Friedrich Wöhler, un chimiste allemand qui avait reçu l’enseignement de Berzelius, essayae fabriquer un sel « inorganique », le cyanate d’ammonium, en mélangeant des solutions d’ions ammonium (NH4+) et d’ions cyanate (CNO2). Il s’aperçut avec stupéfaction qu’il avait fabriqué de l’urée, un composé organique présent dans le plasma et l’urine des Animaux. Il remit en question le vitalisme lorsqu’il écrivit : « Je dois vous dire que je suis capable de faire de l’urée sans le secours d’un rein ni d’aucun animal, pas plus d’un homme que d’un chien. » Cependant, un des ingrédients qu’il avait utilisés dans la synthèse de l’urée, le cyanate, provenait du sang d’un animal. Les vitalistes ne tinrent donc pas compte de sa découverte. Quelques années plus tard Hermann Kolbe, un étudiant de Wöhler, synthétisa l’acide acétique (un composé organique) à partir de substances inorganiques préparées directement à partir d’éléments purs. Les bases du vitalisme s’écroulèrent complètement quelques décennies plus tard, après que les chimistes eurent réussi à synthétiser en laboratoire des composés organiques de plus en plus complexes.
via: BIOLOGIE 
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