La coqueluche
La coqueluche est une infection respiratoire due à une bactérie appelée « Bordetella pertussis » une bactérie gram négative. Cette maladie très contagieuse provoque des quintes de toux, qui en l’absence de traitement, peuvent se prolonger pendant plusieurs semaines et touchent principalement les enfants.
La transmission de cette bactérie s’effectue par inhalations des gouttelettes d’une personne infectée, la période d’incubation varie entre 7 à 14 jours. Le cycle de Bordetella commence lorsqu’elle pénètre les voies aériennes supérieures et se fixe sur les cellules épithéliales de la muqueuse respiratoire par l’intermédiaire d’un facteur d’adhésion dénommé « hémagglutinine filamenteuse » qui est complémentaire à des récepteurs sur les cellules épithéliales. Après attachement la bactérie synthétise plusieurs types de toxines responsables des symptômes de cette maladie. Parmi les toxines secrétées on note « la toxine coquelucheuse » qui entraine une sensibilisation tissulaire accrue à la sécrétion d’histamine et de sérotonine et augmente la réponse lymphocytaire. B. pertussis secrète également une autre toxine qui est «adénylate cyclase extracytoplasmique » et d’autres qui sont responsable de la destruction du tissu épithélial et une augmentation de la sécrétion du mucus qui va faciliter la mort de cellules ciliées.
L’invasion par B. pertussis se déroule en 3 étapes. Le stade « catarrhal » qui se caractérise par une inflammation de la muqueuse et se stade ressemble à un état de rhume. Le stade « paroxysmique » qui marque un caractère très spécial que prend la toux faite d’accès au cours desquels l’enfant d’abord « prépare sa quinte » en s’immobilisant et paraissant inquiet ; puis la réalise d’un seul trait sans reprendre son inspiration jusqu’à vider complètement ses poumons, enfin reprend une inspiration très ample et bruyante, le « chant du coq » avant de tousser à nouveau. Les deux stades déjà nommés durent 6 semaines. Le dernier stade de « convalescence » dont l’individu n’est plus contagieux ; son état général est altéré par cette longue épreuve épuisante, et il reste fragile vis à vis d’autres infections respiratoires malgré l’absence de dépression immunitaire ce stade peut durer plusieurs mois.
Le traitement le plus important est l’antibiothérapie telle que l’érythromycine, tétracycline et chloramphénicol.
L’antibiothérapie est indiquée dans les 2 semaines suivant le début de la maladie. Administrée à la phase catarrhale de la maladie, l’antibiothérapie permet de réduire l’intensité et la durée des quintes. Par contre son efficacité est controversée lorsqu’elle est administrée à la phase d’état. Néanmoins son efficacité est démontrée pour l’éradication du portage et la limitation du risque de diffusion de la maladie, permettant le retour en collectivité après 5 jours de traitement.
Les antibiotiques utilisés sont des macrolides : l’érythromycine reste la référence pour une durée de 14 jours mais sa tolérance médiocre fait qu’il n’est pratiquement plus utilisé. La josamycine JOSACINE® 50 mg/kg/j en 2 prises pendant 14 jours, est largement utilisée en pédiatrie. Deux nouveaux macrolides doivent être privilégiés en raison d’une durée de traitement réduit : clarythromycine ZECLAR® 15 mg/kg/j (maxi 1 gr) en 2 fois pendant 7 jours et azithromycine ZITHROMAX® 10 mg/kg (maxi 500 gr) 1 jour puis 5 mg/kg/j pendant 4 jours.
La maladie peut parfois devenir grave chez certaines personnes fragiles : femmes enceintes, personnes âgées, nourrissons de moins de six mois. Chez ces derniers, la coqueluche peut donner lieu à une hospitalisation, le séjour à l’hôpital étant systématique pour les bébés de moins de trois mois, c’est pour cette raison que la vaccination est recommandée dès l’âge de 2 à 3 mois.
Auteur: Wassim H Abdine
REFERENCE :
Microbiologie – PRESCOTT – HARLEY – KLEIN – 5eme édition.

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